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Publié par arnaud.coutant.over-blog.com

Le Bulletin Annuel de Villetaneuse est de retour !

en 2025 la thématique était tournée vers la naissance et la mort. Le livre reprenant les contributions (et orchestré par le Professeur Franck Laffaille que je salue amicalement) vient de paraître aux éditions Mare et Martin sous le titre Naissance et Mort

L'occasion de revenir sur des éléments de mon livre Les Deux Cités de Charles Dickens...

Nouvelle année, nouveau livre, bienvenue chez Dickens - Le blog d'Arnaud Coutant Droit, culture, etc.

 

ci-après les premières lignes de ma contribution

"Naissance et mort dans Un Conte de deux cités, le symbolisme juridique et littéraire selon Charles Dickens"

« Il y avait beaucoup de femmes à cette époque, que l'empreinte du temps avait affreusement défigurées ; mais il n’y en avait pas une parmi elles plus à redouter que cette femme impitoyable, qui se frayait maintenant un chemin dans les rues. D’un caractère fort et intrépide, d’un sens perspicace et d’une promptitude à agir, d’une grande détermination, de cette sorte de beauté qui semble non seulement communiquer à son possesseur la fermeté et l’animosité, mais aussi faire reconnaître instinctivement chez les autres ces qualités ; cette période troublée lui aurait donné une place majeure, en toute circonstance. Mais, imprégnée dès son enfance d’un sens sombre du mal et d’une haine invétérée d’une classe, l’opportunité l’avait transformée en tigresse. Elle était absolument sans pitié. Si elle n’avait jamais eu la vertu en elle, elle l’avait tout à fait quittée.

Ce n’était rien pour elle qu’un homme innocent dût mourir pour les péchés de ses ancêtres ; elle ne le voyait pas lui, mais eux. Ce n’était rien pour elle que sa femme fût veuve et sa fille orpheline ; c’était une punition insuffisante, car ils étaient ses ennemis naturels et ses proies, et en tant que tels, ils n’avaient pas le droit de vivre. Faire appel à sa clémence était rendu inutile par le fait qu’elle n’avait aucun sentiment de pitié, même pour elle-même. Si elle avait été laissée à terre dans la rue, dans l’une des nombreuses rixes auxquelles elle avait participé, elle ne se serait pas apitoyée sur elle-même ".

 

Figure invoquée dès les débuts du mouvement « droit et littérature » Charles Dickens est considéré comme l’un des grands auteurs anglais du XIXe siècle mais aussi comme un critique parfois virulent du monde judiciaire de son époque.

Né en 1812, à quelques kilomètres de Portsmouth, le jeune Charles est très rapidement confronté aux réalités de la société anglaise de son époque. La pauvreté de sa famille, l’endettement croissant et une forme d’instabilité concernant le logement caractérisent ses jeunes années. Les effets ne tardent pas à se faire sentir : alors qu’il a tout juste 12 ans, Charles est obligé d’entrer au service de l’un de ses cousins, dans une fabrique de cirage. À la même époque, il ne peut qu’assister impuissant à l’arrestation de son père pour dettes. Les visites en prison ne sont qu’un début. L’intégration du jeune homme dans un cabinet d’avocat, puis au sein du tribunal ecclésiastique en tant que journaliste ne font que renforcer son aversion pour le monde juridique et ses conséquences. À côté d’œuvres classiques qui sont considérées comme autant de dénonciations des conditions sociales difficiles de l’Angleterre de son époque – Oliver Twist, Les Grandes Espérances – Dickens se plonge aussi dans des travaux plus symboliques, comme Un Conte de Noël qui met en scène un usurier avare confronté à des fantômes insistants. Le premier ouvrage virulent à l’encontre de la justice s’intitule Bleak House et est publié en 1852 sous forme de feuilleton. À la fin de cette même décennie, inspiré par les travaux anglais sur la Révolution française, le romancier se lance dans ce qui va devenir sa propre vision de cet événement, du moins en apparence : Un Conte de deux cités / A Tale of two cities

 

 

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