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Publié par arnaud.coutant.over-blog.com

Voici le début d'une contribution publiée il y a quelques années dans le bulletin annuel de Villetaneuse et reprise dans l'ouvrage de Franck Laffaille, Littérature(s) et discrimination(s)

 

« Ils m’ont tout pris. Presque tout. Il ne me reste pas grand-chose. Mais ils ne m’enlèveront pas ça. Tu m’entends ? S’ils arrivaient à m’enlever ça, plus rien n’aurait de sens. (…). C’est ce qu’ils cherchent. Ils veulent me rayer de la carte, comme si je n’avais jamais existé. Et je vais les en empêcher (…). Mais je ne vais pas pouvoir tenir très longtemps et je crois qu’ils le savent »[1].

Ces quelques paroles font partie du dernier dialogue entre Ben Du Toit et le narrateur du roman intitulé Une Saison blanche et sèche, publié en 1979. André Brink a quarante-quatre ans. Né en Afrique du Sud, en 1935, Brink y passe sa jeunesse et suit des études de littérature. Diplômé, il part pour la France où il séjourne entre 1959 et 1961, pour parfaire ses connaissances en suivant un cursus de littérature comparée à la Sorbonne. C’est à cette occasion qu’il côtoie de nombreux étudiants noirs, traités de manière égalitaire. De retour en Afrique du Sud, il se rapproche de plusieurs auteurs opposés à l’Apartheid, en particulier le romancier Étienne Leroux et le poète Breyten Breytenbach. Après un nouveau séjour en France, entre 1967 et 1968, il revient dans son pays natal et commence à écrire des romans en anglais et en afrikaans, pour augmenter son audience. Très rapidement, ses romans sont interdits par le gouvernement sud-africain, ce qui ne l’empêche pas de continuer d’écrire pour dénoncer l’Apartheid et ses conséquences.

Une Saison blanche et sèche est son quatrième roman. Il sera récompensé par le prix Médicis du livre étranger en 1980, confirmant l’audience internationale de l’auteur. Il est bien sûr interdit de publication dans son pays.

Le narrateur raconte l’enquête menée par Ben Du Toit, un professeur d’histoire afrikaner, après la mort du jardinier de l’école dans laquelle il travaille, Gordon Ngubene. Celui-ci a été exécuté en prison, pour avoir cherché la vérité sur la mort de son propre fils, Jonathan. Au fur et à mesure que le professeur accumule des témoignages et des indices montrant l’injustice du système policier et judiciaire sud-africain, la pression exercée sur lui augmente. Les morts s’accumulent tout au long de l’histoire, à commencer par les principaux témoins. Isolé, Ben voit ses collègues, sa famille, l’ensemble de ses relations se retourner contre lui. Il est finalement tué, renversé par une voiture…

 

[1] André Brink, Une Saison blanche et sèche,  Stock, 1980, le livre de poche, 405 p. ; p. 23.

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